LES SOUVENIRS VONT PARTIR
Je me souviens de la solitude
De son immobilité et de ma fragilité
Je me souviens que je courais tout le temps
Après tout, après rien, même après le vent
Je me souviens de mes yeux pleurant et des siens aimant
Je me souviens du bruit de nos cœurs et du soleil levant
J’ai ne plus de raison d’aimer
Pas plus de déraison que de volonté
J’ai connu un arbre qui voulait devenir l’amour
J‘ai connu l’amour qui voulait s’entretenir avec toi
Je t’ai connu toi quand tu voulais fuir la mort
J’ai connu la mort quand elle voulait envahir ton corps
J’ai connu ton corps quand tu voulais jouir avec moi
Je me suis connu moi quand j’ai voulu partir un jour
Je me souviens des souvenirs impossibles, ceux qui riment avec demain
Je me souviens des funérailles sans larmes et de ceux dont je pleure encore
Je me souviens des guerres perdues et du sang rouge sur mes mains
Je me souviens des amours victimes d’être trop aimés, je sais, j’ai eu tort
Je me souviens de toi parce que tu ne m’as jamais aimé puisque j’étais mort
Je me souviens de ces musiques arabes, tendres et magiques, douceur d’antan
Je me souviens quand tu parlais dans le creux de ma vie pour être ma maîtresse
Je me souviens de ses secondes, de ses éternités qui jamais n’ont existés
Pourtant je ne suis plus ici, ni même là, et j’ai dans la bouche le goût du remord
Pourtant elle est en moi tout comme je suis en elle, ainsi pour la nuit des temps
Pourtant chaque pas dans la terre me rapproche de mon univers fait de détresses
Pourtant tu devrais l’entendre ce son qui vient de l’écorce des forêts succombées
Je me souviens d’avoir vécu sur votre terre
Je me souviens mais je dois à présent me taire
Pourtant, non, je ne suis pas mort
Pourtant, oui, je vis ailleurs et encore